L’histoire voudrait que le graffiti apparaisse à New-York au moment où la publicité se répand dans la ville. Certains ont donc vu une relation entre ces deux formes d’envahissement de l’espace public. Les artistes du graffiti se présentent ainsi comme des individus parcourant les villes pour diffuser leur nom de façon créative et personnelle. À l’époque, cela se faisait à la bombe, comme ceux, beaucoup plus tardifs, que l’on voit sur cette photographie.
Au tournant des années 1990-2000 apparaît dans de nombreuses métropoles du monde ce que l’on qualifie de Post-graffiti ou de Street Art, plus axé sur le graphisme et l’utilisation de nouveaux médiums. Il s’agit toujours d’envahir les villes, plus uniquement en apposant un nom mais en déclinant un univers graphique personnel. On en voit quelques exemples sur cette photographie : les affiches de l’Atlas, d’Obey et de PQ et la céramique de Space Invader.
Si l’on reprend la comparaison avec la publicité, il apparaît que le graffiti évolue parallèlement au marketing qui ne se satisfait plus de diffuser le nom d’une marque mais crée également un univers. Cette nouvelle forme de promotion propose autant un produit qu’un mode de vie qui lui correspond.
Sur cette photographie, la nouveauté dans le paysage du graffiti, c’est cette affiche d’une basket. Sa particularité par rapport à ses prédécesseurs est de ne présenter aucune trace d’expression personnelle et d’être entièrement vouée à la représentation d’un produit. Ce qu’elle semble nous dire c’est que la compétition entre graffiti et publicité est terminée. Triste constat de découvrir que la créativité dans la rue ne s’exprime plus en développant un univers personnel mais par la fascination pour un objet de consommation.
Seuls les membres connectés peuvent déposer des commentaires



